Écriture de nuit.

Aller et retour entre moi et Moi.

Processed with VSCO with c9 preset

C’était à la fois immense et d’une grande complexité. Quelque chose de très clair bizarrement.

Le concept est le suivant : ne pas comprendre ce qu’il y a à comprendre.

Il ne fallait en parler à personne, surtout pas. À personne.

Garder cette découverte pour moi seule.

Dès lors, cette aventure était devenue mon secret. Je le nommerais plus tard : ma propulsion.

Regarde-moi, je ne supporte pas qu’on me demande : « ça ne va pas ? » parce que je ne souris pas.

Chaque nuit était mon instant d’écriture. Rien d’un journal intime, rien d’une scène de film où je m’acharne sur mon clavier à écrire à ne plus en finir.

Non, je parle d’une écriture intérieure, le moindre détail est surligné, précisé. À cet instant-là, on ne se ment plus. On est plus dans la séduction. On entre dans le vrai. Le Moi face à une réalité altérée.

Processed with VSCO with c7 preset

Je te l’ai déjà dit, comme mon père, on n’a jamais eu d’affinités avec ceux qui aiment les réalités carencées. On aime rêver les yeux ouverts. On se retire doucement et en silence de tout ce qui ralentit notre croissance. On trouve aussi que, souvent, la tristesse a un beau visage.

Nous, on aime par la force.

C’est le début de la propulsion.

Le moment où tu prends le plus grand élan dans ta vie, c’est quand tu écris, chaque soir, dans le plus grand des silences.

Un plan à venir ? C’est un peu ça oui.

Le temps rajoute une difficulté : la confusion.

La confusion rajoute une difficulté : le doute.

Le doute apporte une facilité : le silence.

Là, on entre dans la propulsion. Choisir le bon outil.

Avoir écrit — écrire — devoir écrire — écrire encore — ignorer — savoir — écrire encore, encore — silence — savoir — ignorer – bien savoir — avoir à écrire – devoir écrire – écrire.

Plein de sens, être envahi par le plein sens et arriver au non-sens.

PROPULSION.

Non-sens, départ.

Tourner autour du bloc noir, le regarder de tous côtés, ça reste un bloc immobile. Stagnation.

Enlève-moi ce bloc noir au milieu de mon monde.

On n’est pas le passage d’un état à un autre brusque, on est dans une analyse, un déchiffrement.

Alors que vaut ton « ça va » frivole et sans sens.

Oui, ça va. Je suis en pleine propulsion.

Je lis ma propre écriture, indéchiffrable pour l’autre alors franchement, ça va vraiment ?

Je ne cherche pas à entendre ton écriture sur la mienne, je ne cherche pas à ce que ce soit lisible pour toi. Je ne cherche pas la régression. Mon écriture suffit.

L’écriture du soir pour atteindre la propulsion n’est pas un simple transfert. C’est… comment t’expliquer ? C’est décrire ce que je savais, ce qui était présent tout en étant dans un refus angoissant de passer à l’écriture. Dès que tu posais LE mot sur ton texte, le reste suit.

Alors écrire le soir, seule, dans le silence, ce n’est pas raconter une histoire. C’est même le contraire. C’est raconter une absence d’histoire. Tu vois un peu ?

Ça, j’ai dit, ça je l’ai redit, ça je n’ai pas dit.

Souffrir d’une chose ? Non, c’est le fait de ne pas en souffrir qui devient douloureux.

C’est comme l’eau. On dit qu’à 0 degré l’eau arrive à l’état solide, on obtient de la glace. Et parfois, quand il fait très froid dehors, mais que l’air est immobile, l’eau ne gèle pas. Et puis lorsque la température chute encore, l’eau gèle.

T’oublies en fait. Et quand tu redescends, tu écris.

Je parle beaucoup d’écrit, mais je ne sais même pas ce que c’est vraiment.

C’est un tout qui avance, en même temps.

Quand tu t’aperçois que l’amour n’est pas en concordance avec ce que tu croyais, il faut repartir avec un nouvel amour. On repart avec l’amour, et on ne dit pas que l’amour du passé était faux, mais plutôt, il est mort.

Tu auras compris, il n’y a ni commencement, ni fin, ni milieu dans ce que j’écris. La seule chose que je peux te dire c’est que ça se lit.

Je t’avais dit, ce n’est pas une histoire. Qui suis-je pour relater une histoire, pire encore MON histoire. On a une chose en commun : le temps.

Aller-retour entre moi et Moi.

Mes secrets, si je les dis, je ne sais pas ce qu’ils vont devenir.

Là, je pense à Taroudant et je rêve d’une glace sans lactose, si tu veux je pourrais écrire là dessus avec un début et une fin.

Processed with VSCO with c7 preset

Enfin, sache qu’il n’y a pas que la nuit pour écrire. Il y a toujours une belle fenêtre éclairée et ouverte, il y a toujours un rêve perché au-delà de la douceur, il y a toujours un cœur généreux, un sourire naturel, des yeux attentifs.

La nuit fatigue, t’offre des petits cernes, un air fatigué, mais elle t’ouvre une porte, celle du tremplin.

La tristesse, le chagrin, ça ralentit ta propulsion. Alors on ne te demandera pas de l’éviter, elle s’invite généralement, mais trouves-y de la beauté. Tu verras, il y a inévitablement une fin, une belle fin.

« Ça va ? », oui. Puisque je te l’affirme.

Écrire c’est dessiner la porte.

Processed with VSCO with dog1 preset

Il y a toujours un rêve perché au-delà de la douceur, une vie, une vie qui se partage qui t’attend.

Eh… et la colère contre ce qui était écrit, c’est juste la plus grande défaite contre soi-même.

J’ai souvent choisi le silence pour que vous regardiez ailleurs.

Et ce ne sera plus jamais comme avant… ce sera mieux.

Alors oui, ça va.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s