Prenons un thé et… discutons.

Autour d’un thé, tout s’efface. Comme un instant perché au-delà de la douceur, comme une pause, comme un instant pour soi au milieu du déluge de l’incompréhension.

Autour d’un thé, la première chose à laquelle je pense est l’hypersensibilité, l’hypersensibilité émotionnelle, mon hypersensibilité.

Voltaire disait : « Si l’on n’est pas sensible, on n’est jamais sublime. »

Rassurant ? Peut-être. À la découverte, à ma découverte.

D’avance, l’hypersensibilité est annexée à une faiblesse. Eh bien, c’est mal parti pour apprendre à se comprendre.

Mettons ça de côté, le temps d’un thé.

L’hypersensibilité c’est vouloir un environnement calme constamment, c’est être empathique, trop empathique, c’est sans cesse se préoccuper du ressenti de l’autre, c’est analyser une situation sous 20 angles différents et c’est plein d’autres choses encore.

Épuisant ? Ça l’est. Vulnérable ? Oui. Fragile ? Certainement.

Ce n’est pas une faiblesse, il faudrait une thèse pour vous le démontrer. Pour faire court, dès l’instant où ce « trait » est « géré » à notre rythme, il devient un atout, une force.

Avec « l’autre », j’ai tendance à capter des éléments implicites qui font écho à ma personne pour pouvoir mieux le comprendre et percevoir son ressenti. Il m’arrive parfois de ne pas réussir à me projeter suffisamment et c’est là qu’apparait la notion de « domestiquer mon empathie ». J’ai travaillé de nombreuses années sur cela, je n’arrive toujours pas à définir réellement ce que je peux ressentir chez une personne ou une situation, mais je suis sûre d’une chose : « je ne sais pas ce que je ressens, mais en tout cas il y a un ressenti ». Alors oui, je suis arrivée à la conclusion rassurante : je n’ai finalement pas à domestiquer mon empathie j’ai juste à l’accepter.

J’ai beaucoup eu du mal à gérer mes émotions, j’ai longtemps voilé cette partie de moi jusqu’à ne plus pouvoir la distinguer ou même l’observer chez les autres. Au fur et à mesure des confrontations, je m’efforce à ne plus nier qu’il y ait quelque chose. C’est certainement devenu mon outil le plus indispensable pour établir une communication avec l’autre. Il me permet vraiment de me positionner, de m’impliquer et de mesurer le besoin. Je ne dis pas que je suis arrivée à un stade où j’ai réussi à combler cette difficulté, mais j’y travaille chaque jour.

Pendant de nombreuses années, je suis restée à l’arrêt. J’ai voulu mettre un terme à ma description destructrice des émotions, cette même vision partagée par un entourage parfois destructeur. Pour citer nos points communs avec l’autre, on se met, automatiquement, à exposer un ensemble de hobbies et de passions… sans pour autant citer que chacun d’entre nous avons pu vivre un moment assez fort, dramatique ou heureux. Nous ne préférons pas mettre en avant les émotions qui relèvent de l’ordre du négatif au risque de ressasser notre vécu. Plutôt, nous favorisons le fait d’aller de l’avant et nous disons que c’est ce qui permet de fortifier nos liens. Pourtant, le peu d’expérience nous montre le contraire. C’est en parlant de nos difficultés, de nos peurs et de nos différences que la relation d’aide/de confiance peut confortablement s’installer à un moment donné ou un autre.

Je ne vous ai jamais vraiment présenté ce que je ressens depuis que je vis de l’autre côté de la Méditerranée, mais si je devais résumer en un mot, je choisirais : assurance. Je me considère en confiance, prête à me dévoiler progressivement certaines parties intimes voir délicates de ma vie, de ma personnalité. Je fais surgir des éléments pertinents auxquels je n’aurais soit pas pensé, soit pas abordé à cause d’un certain inconfort ou parce que je n’osais pas l’extérioriser simplement.

La distance émotionnelle, c’est avant tout savoir ce qui nous anime au plus profond de nous face à une situation, une personne. Savoir ce qui nous fait « vibrer » pour tenter d’entrer en résonance avec « l’autre ». C’est un peu comme en physique, lorsque l’on analyse un champ électrique et que l’on constate que les deux ondes lumineuses sont en concordance de phase… Et si je prenais le temps d’explorer le champ relationnel avec l’autre ? De voir quels sont les moyens à mettre en place pour entrer en « concordance »? Je me rappelle sans cesse l’importance d’être à l’écoute de l’autre, mais aussi de soi.

Cette « pression » émotionnelle s’est fait ressentir de plus en plus dès lors où j’ai été confronté à des situations de plus en plus nombreuses et « sensibles ». J’ai comme l’impression de m’être efforcée à me focaliser sur mes forces tout au long de cette période, d’avoir pris conscience de tout ce qui se déroulait bien. Très vite, je me rends compte que pour m’analyser, pour éviter la banalisation de mes actes et pour me questionner, je ressens le besoin de connaître mes faiblesses, d’avoir quelques échecs, de savoir dire non et de prendre une pause si nécessaire. Là, réside la clé de mon évolution tant sur le plan privé que professionnel.

Beaucoup de personnes me disent : « Tu as changé, mais tu as vraiment changé. C’est bien ».

C’est bien ? Ah… bon ben.

Je suis simplement parti à ma découverte, j’ai pris du temps pour moi, j’ai accepté l’équilibre de l’imparfait.

Je me suis nourrie de ce grand départ, de mes rencontres, de la force de mes faiblesses.

Eh oui, je suis sensible à tout et pour tout.

Je suis sensible quand le soleil se montre, quand la pluie tombe, quand le ciel se couvre, quand la rose éclore, quand mes amies sourient, quand un enfant pleure ou quant mon père rit.

La sensibilité comme source de créativité libérée. Elle nous pousse à prendre de nouvelles initiatives, à mettre en place de nouvelles habitudes, à agir pour l’autre pour et UNIQUEMENT POUR le bien-être de soi. Et si on n’y trouve aucun confort personnel alors non et trois fois non.

La sensibilité est belle, ne la méprisez pas comme disait Baudelaire.

Imaginez-vous, le temps d’un thé, sans la moindre sensibilité. Quel goût aurait votre thé ?

La délicatesse du cœur, l’émotion face aux choses et aux êtres sont rares et malheureusement, elles ne sont pas quantifiables. Ça devient scéniquement intraduisible, incomparable et aucun geste ne peut l’illustrer. Alors, gardez bien en vous ce trésor.

C’est en cela que l’on se réfugie en attendant l’infini. Au-delà de ce qui se passe, il y a ce qui dure. Pieds joints au milieu des choses éphémères, périssables et finies.

Autour d’un thé, je me questionne sur la nature de cette sensibilité. Saine ou morbide ? Sincère ou factice ? Faire le tri entre le « bon » et le « mauvais ». La réponse se trouve dans le poème et non auprès du poète.

«… Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent

Il est des parfums frais

Doux comme les hautbois, verts comme des prairies,

Et d’autres, corrompus, riches et triomphants

Ayant l’expansion des choses

Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens… »

Mon thé est doux.

Sensibilité ou hypersensibilité, j’en fais ma force.

Je remercie Keitea de participer à ces doux moments autour d’un thé. Votre promesse est tenue : viser le bien-être des individus en fournissant du thé de qualité et bio. Le goût, la créativité, la simplicité et l’accessibilité, tout y est.

Une appréciation particulière pour le thé « Désert immortel ». Une saveur si douce de thé noir d’Inde, de dattes, de citron, de cannelle, de figues et de fleurs d’immortelle. Un mélange équilibré, vitaminé et tellement bon.

Keitea, c’est du belge bio et éthique. J’aime!

Merci pour ces mélanges et ces saveurs. Un instant de plaisir et de reconnexions avec nos voyages et nos émotions.

Le thé a fourni, naturellement, toute sa sagesse.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s